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1492 Conquest Of Paradise

Ridley Scott – 1992

14.

Nouvelle démonstration de l’audace de Scott et Biddle : autant le fond est lumineux, autant le personnage, pourtant ici en gros plan et bien placé au centre de l’image, est complètement laissé dans l’ombre. Tout juste a-t-il droit à un très léger éclairage à droite pour « décrocher » la joue et l’arcade. Plan très étonnant et allant à l’encontre de toutes les conventions.

15.

A l’inverse l’effet soleil est ici souligné sur le visage, et tout le côté face caméra est débouché. L’éclairage accompagne l’émotion du moment décrit, la première apparition du continent américain. La scène est tournée sous un angle quasi mystique que souligne ici le rayon de lumière sur le visage (lumière divine des peintures de la Renaissance) et la position de prière de Colomb.

16.

Nouvelle utilisation du filtre dégradé, mais non coloré ici. Il s’agit d’un filtre dégradé neutre permettant d’assombrir une partie de l’image seulement (le ciel – la partie haute de l’image est plus sombre que la partie basse) et donc d’obtenir cette grande traînée lumineuse qui coupe littéralement l’écran en deux au niveau de l’écume.

17.

Le statut mystique du personnage de Colomb est encore une fois souligné ici par ces rais de lumière tombant du ciel. Toutes les scènes de jungle vont être traitées de la sorte, avec beaucoup de fumée et des rayons très dessinés découpés par les feuilles des arbres. Biddle joue avec la végétation, utilise les arbres comme des caches. On voit par ailleurs que tout au fond de l’image il a créé un écran de fumée éclairé en contre jour pour éviter l’à-plat noir des feuilles en fond.

18.

En plan plus large le nuage de fumée est nettement délimité, les rayons de lumière s’y inscrivent avec les ombres des feuilles et le ruisseau réfléchit la lumière vers la caméra. Et pas de débouchage pour les comédiens qui sont uniquement silhouettés sur ce fond lumineux (comme nous l’avons vu précédemment sur le bateau pour les plans 10 et 14 – c’est l’un des grands partis-pris esthétiques du film).

19.

En plan plus serré dans le même axe, Biddle apporte un peu plus de lumière, très diffuse, sur Depardieu, et laisse ses camarades en silhouette, le séparant ainsi du reste du groupe, l’isolant (les autres acteurs forment une « entité » éclairée uniformément).

20.

Plan d’ensemble avec beaucoup de figurants que Biddle ne va néanmoins pas traiter différemment : lumière unilatérale et diffuse venant des gigantesques ouvertures, éclairant uniquement la partie gauche du cadre tandis que la file de droite est laissée dans l’ombre. Et , bien entendu, grande quantité de fumée pour éclaircir le décor.

21.

Comme souvent sur ses extérieurs, il se place en contre jour et utilise la poussière soulevée pour justifier la fumée (tout le fond du décor…). Lumière zénithale, mystique…

22.

Plan très graphique, révélateur de l’esthétique de Ridley Scott. La fumée apporte la diffusion nécessaire à l’image pour créer ce voile lumineux autour du personnage laissé dans l’ombre en silhouette. le personnage du fond est silhouetté par le ciel tandis que Michael Wincott est silhouetté par le halo de fumée!

23.

Nouvel exemple de filtre dégradé coloré, extrêmement visible (orange en haut et bleu en bas).

24.

Travelling avant sur les deux personnages, décor très éclairé et eux en silhouette… L’accent est mis sur la grandeur des constructions, entourant et écrasant nos deux personnages (cadre dans le cadre pour les enfermer).

25.

Fin du film, regard tourné vers le ciel, l’espoir et l’ailleurs, image devenue plus lumineuse et chaleureuse, lumière diffusée en contre jour légèrement latéral. thématiquement ce plan se veut un lien vers le futur, le devenir de ce nouveau continent.

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