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Event Horizon

Paul W.S. Anderson – 1997

1.

Lumière complètement en contre jour (le projecteur est même dans le champ) avec fumée pour le côté brumeux, avec dominante colorée très forte tirant sur le cyan. Le personnage est silhouetté sur l’ouverture en croix, effet angoissant de la lumière et mystique en même temps.

2.

Clin d’oeil à l’univers d’Alien, ce plan est éclairé en deux parties : le décor lui même en avant plan, avec lumière diffuse de tubes fluorescents placés au plafond ; et l’intérieur même de chaque capsule avec un projecteur placé au-dessus de chacun des personnages, très bleuté et formant ce halo sur les épaules. Le fond de chaque capsule est également éclairé, certainement par le bas, pour silhouetter les personnages et rendre l’impression de capsules lumineuses.

3.

Multiplication des sources de lumière dans le champ et des directions. Comme souvent sur les décors de vaisseaux spatiaux, espace irréel par excellence dans lequel toute l’ambiance lumineuse est à créer, des tubes fluorescents sont placés un peu partout dans le décor pour en faire ressortir les matières et textures sans avoir besoin de tout éclairer et en dévoiler le côté « toc ».

De même que pour tout décor irréel on s’appuie sur des ambiances connues assez proches de celle souhaitée. Ici par exemple (et comme souvent pour les vaisseaux dans des films récents, voire Matrix ou Sunshine) la source d’inspiration est clairement les intérieurs de vaisseaux maritimes militaires tels porte-avion ou sous-marin (espace clos sans fenêtre, petites sources disséminées, Métal sombre, humidité…). Cela rend crédible l’espace créé en donnant des repères concrets au spectateur, contrairement à ce qui se faisait en matière de science-fiction dans les années 50-60. On peut d’ailleurs affirmer que le tournant en la matière fut tout bonnement Alien de Ridley Scott, qui insistait sur le coté sale, grinçant, suintant et avant tout fonctionnel du vaisseau spatial.

4.

Hommage appuyé au premier plan d’Aliens (plan 1.) avec ce faisceau laser qui balaie l’image (ce n’est certainement pas un hasard si Biddle est choisi comme chef op sur ce film…). Sinon image globalement sous exposée : on est dans un film d’horreur en plus de la science-fiction, il faut laisser des zones sombres dans l’image pour construire du hors-champ interne à l’image, des zones de « danger potentiel ».

5.

Lumière extrêmement baroque, Biddle ne lésine sur aucun effet dans ce film : contre jour violent, très surexposé, avec fumée, coloration bleue violacée. Le couloir en lui même est très compliqué à éclairer puisque recelant peu d’angles mort pour installer des projecteurs. Ceux-ci sont très certainement placés au sol à la limite bas du cadre mais il est difficile de se montrer catégorique.

6.

Même chose ici avec le contre jour + fumée, mais aucun débouchage en face : la menace vient de l’avant, laissé dans le noir complet. Petites lampes sur le scaphandre ainsi qu’autour de la « porte dentée » pour casser l’à-plat noir. Comme sur le plan précédant on note l’adéquation entre le décor (multiples aspérités comme danger potentiel, notion d’agressivité) et de l’éclairage en contre jour pour mettre en valeur ces aspérités (ici les dents de la porte qui ressortent bien détourées sur le fond de fumée éclairé).

7.

On a à première vue l’impression que la lumière provient des parois de la conduite. En regardant plus attentivement on se rend compte qu’elle provient du sol, sous la grille. Des tubes fluorescents filtrés en vert sont disposés ainsi sur toute la longueur du couloir. Les parois elles-même ont été créées avec une surface réfléchissante, aluminium ou matière assez semblable, certainement à la demande de Biddle auprès du chef décorateur pour obtenir cet effet scintillant. Il est même probable que ces plaques réfléchissantes soient elles mêmes teintées en vert pour renforcer l’effet.

8.

Décor central du film, le « cœur du vaisseau » est le lieu porteur d’angoisse. Biddle cherche à le rendre organique et presque vivant, en y disposant des petites sources mouvantes sur les parois (avec des la fumée pour les faisceaux) et en mettant en valeur le mouvement même du cœur par un éclairage en douche très diffusé qui enrobe la boule centrale et y créé des brillances. Le personnage, en contre jour, est dominé et oppressé par ce décor qui lui fait face.

9.

Utilisation de flashs lumineux, quasiment en stroboscope comme sur la série des Aliens. Sur ce plan à plusieurs étages, Biddle dispose des projecteurs à chaque étage pour créer des flashs lumineux venant de plusieurs directions et alternant entre les étages (sur le moment choisi le projecteur se trouve à gauche et à l’étage le plus bas). Il cherche ainsi à rendre l’espace mouvant, et donc dangereux. Les repères spatiaux du personnage et du spectateur sont brouillés.

10.

Variante de l’utilisation du contre jour avec fumée, un peu sur le modèle du plan 9. de Judge Dredd : création d’un hors champ dans l’image non pas par une zone sombre mais au contraire par une zone lumineuse, comme réservoir possible de surgissement. C’est d’ailleurs de là qu’arrive le personnage. Biddle utilise une de ses techniques favorites ici dans un but précis de narration et de mise en scène.

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