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Vampyr

Carl Theodor Dreyer – 1932

1.

Image très contrastée, éclairage dur dans l’axe caméra projetant l’ombre du personnage sur le mur. Utilisation d’un cocoloris, soit une plaque de plastique rigide, ou bois, dans laquelle sont découpées des formes diverses et variées permettant de projeter des taches de lumière (comme sur cette image) en la plaçant devant le faisceau d’un projecteur.

Le parti pris du film étant de recréer et faire ressentir au spectateur un visuel et une sensation la plus proche du rêve possible, Maté va utiliser tous les instruments visuels à sa disposition. Ici, il anime le décor avec une lumière aux contours étranges ne correspondant à aucune source plausible.

Rudolph Maté

2.

Plan où l’ombre du personnage projetée n’est pas dans la même position que celui ci! Le trucage pourrait être réalisé uniquement grâce à la lumière, mais ce qui est intriguant dans ce plan c’est que l’acteur est bel est bien éclairé par la gauche du cadre et pourtant ne projette pas d’ombre au mur! Les deux éléments (personnages et ombres) ont ils donc été filmés indépendamment grâce à une surimpression (mais dans ce cas où se fait la séparation des espaces puisque la tache de lumière projetant l’ombre sur le mur passe derrière le personnage) ou ont-ils été filmés simultanément ?

Rudolph Maté

3.

Personnage éclairé en contre-jour et légèrement débouché sur la droite. Le mur encadrant la fenêtre est également éclairé pour éviter d’avoir uniquement l’encadrement des fenêtres avec un intérieur complètement noir, « bouché ».

Rudolph Maté

4.

Toutes les scènes extérieures de Vampyr ont été filmées avec un filtre diffuseur extrêmement fort comme on peut le voir sur ce plan, ce qui donne cette image très floue, ouatée, brumeuse, encore une fois comme dans un rêve…

Rudolph Maté

5.

Mise en valeur du visage par un éclairage diffus venant de face, donnant très peu d’ombres.

Rudolph Maté

6.

Plan plus large : décadrage appuyé vers le haut et ajout d’un reflet très délimité sur le mur du fond. Maté et Dreyer construisent ce plan comme si un personnage se situait derrière le lit. Seule la lumière et le cadre suggèrent une « présence » dans l’image sans pour autant que cela ne soit affirmé, ce qui rend pareil plan très perturbant.

Rudolph Maté

7.

Nouvelle vue à travers une vitre, comme pour le plan de l’église. Le but étant de troubler la visibilité, de boucher l’arrière plan, de n’avoir pas accès directement aux personnages mais d’en avoir toujours une vue « filtrée ». Utilisation de taches de lumière (sur la vitre) pour suggérer une « présence », comme sur le plan 6. Chez Dreyer le fantastique est construit uniquement par la lumière et le cadrage.

Rudolph Maté

8.

Personnage enfermé, de manière évidente par les liens, et plus métaphorique par la lumière qui en éclairant le mur du fond révèle en silhouette les barreaux du lit formant une grille de prison autour du corps de l’actrice. Son visage est éclairé par la droite et par le haut, mais reste moins lumineux que le fond. A noter, la composition du plan, ce carré formé par les barreaux coupé par un V formé par la corde à droite et le buste de la comédienne à gauche. Structure très géométrique, presque symétrique, insufflant une certaine violence au cadre.

Rudolph Maté

9.

Plan filmé en surimpression, l’acteur se fond ici sur un décor très blanc avec des taches noires, lui même éclairé de face avec un costume sombre. L’expérience de la mort vécue par le personnage est retranscrite par ce procédé de surimpression le rendant transparent et imbriqué au décor.

Rudolph Maté

10.

Image déstabilisante du héros face à son cadavre, étant devenu invisible, évanescent, mais faisant partie de l’image (pour qu’on puisse le voir en surimpression, il capte toujours la lumière!). Dissociation par le trucage du corps et de l’âme, la caméra épousant le regard de celle-ci.

Rudolph Maté

11.

Forte opposition dans le cadrage entre l’âme fatiguée et le corps porté en terre, chacun dans leur partie du cadre, et pourtant symboliquement relié par une ligne créée par le dossier du banc et prolongé par le bas du buisson. L’image est surexposée, et Maté utilise de nouveau ce filtre diffuseur puissant pour donner au plan un aspect d’image mentale, de cauchemar éveillé.

Rudolph Maté

12.

Lutte à l’image entre l’ombre et la lumière, contraste très marqué, symbolisant l’état incertain entre l’éveil et le sommeil. Le personnage ouvre les yeux, mais reste immobile dans la zone floue entre l’ombre et la lumière.

Rudolph Maté

13.

Filtre diffuseur, personnages silhouettés sur fond clair (utilisation probable de fumée en arrière fond) : de nouveau cette lutte entre ombre et lumière, sommeil et éveil. En avant plan, un projecteur éclaire le bas du tronc en bas à gauche pour donner du relief au sous bois très sous exposé, éviter un à-plat noir sur la moitié basse de l’image.

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