Mots-clefs

, , , , , , , , , , , ,


To Be Or Not To Be

Ernst Lubitsch – 1942

Rudolph Maté

1.

Éclairage en deux points sur le faux Hitler : de face pour bien voir son visage, et un contre-jour pour le détacher de la foule grâce aux reflets sur les épaules.

Rudolph Maté

2.

Mise en valeur des comédiens grâce à une lumière de face très diffuse ne provoquant aucune ombre, un contre jour pour le halo dans les cheveux , un second contre-jour gauche cadre, plus latéral pour créer un reflet sur la joue de la comédienne et mettre ainsi son visage en relief, et enfin un filtre diffuseur sur la caméra pour lisser les visages et donner cet aspect ouaté au plan.

Rudolph Maté

3.

Plan à multiples personnages dont deux doivent particulièrement attirer l’attention du spectateur et son donc traités à part : placés au centre du plan, ils sont seuls à bénéficier d’un éclairage latéral pour le visage là où tous sont éclairés en contre-jour avec juste de légers débouchages pour le visage. On notera le soin apporté à l’éclairage des murs de briques en fond permettant de bien silhouetter les personnage et la structure de l’escalier.

Rudolph Maté

4.

Recréation d’une rue dévastée en studio, Rudolph Maté maîtrise donc entièrement les éléments de son décor pour éclairer. Beaucoup de projecteurs utilisés, notamment pour le décor. Les personnages sont éclairés par la gauche, reprenant la direction principale de l’ensemble du décor (effet soleil), avec un fort contre-jour dans les cheveux et sur le chapeau pour bien les détacher du fond.

Rudolph Maté

5.

Scène de nuit avec plus de tension, l’image est très contrastée. Les deux personnages n’ont pas droit au même traitement : le personnage de droite est juste éclairé en contre-jour depuis le fond du cadre (projecteur caché dans la profondeur derrière le personnage central, et donc présent dans l’image), alors que le personnage central bénéficie en plus d’un éclairage de face dans l’axe de la caméra, qui n’éclaire que lui et permet que l’on distingue son visage (lumière non justifiée donc, existant uniquement à titre narratif et esthétique).

Rudolph Maté

6.

Scène de suspense, le personnage est tout juste éclairé en contre-jour, sans éclairage de face, on ne distingue pas son visage. La lumière est toute entière dévouée au décor, avec un faisceau provenant de l’arcade derrière l’homme pour en révéler la profondeur, et un projecteur situé en hauteur à gauche du cadre pour donner du relief aux saillies du décor et surtout à la neige qui englobe ce personnage sombre de sa blancheur et de sa luminosité.

Rudolph Maté

Rudolph Maté

7.

Beaucoup de strates d’éclairage dans ce plan. Le personnage de dos, à l’avant plan, est éclairé en contre-jour par la gauche cadre pour bien le détourer, mais bénéficie également d’un projecteur droite cadre qui éclaire son dos au niveau de l’épaule droite et produit ces reflets dans les cheveux, et ceci afin de ne pas en faire un silhouette, de garder de la texture sur le vêtement et la chevelure.

Ces deux directions de lumière sont reprises pour éclairées Carole Lombard avec une lumière venant de droite cadre pour le visage et le corps et un contre-jour gauche cadre pour les cheveux. Maté garde une cohérence entre les deux personnages pour bien les garder dans un même espace de lumière.

Le décor est quant à lui éclairé en plusieurs parties : un faisceau balaie en effet la rampe situé juste derrière Lombard pour bien mettre en valeur sa silhouette sur un fond lumineux. Le couloir en fond est éclairé en contre-jour pour accentuer les lignes de fuite, étirer la perspective derrière la comédienne. Une applique lumineuse est même placée en bout de couloir pour attirer le regard. Enfin le mur à gauche de l’image est éclairé par le haut pour créer du contraste et donc du relief grâce à l’ombre du fauteuil.

Rudolph Maté

8.

Même escalier sous un autre axe. Les trois personnages sont éclairés de deux côtés, latéralement, ainsi qu’en contre-jour (trois projecteurs donc, un à droite, un à gauche et un dans la profondeur, en hauteur). L’aspect menaçant de la scène, outre le placement du soldat au premier plan, est induit par l’éclairage de la rampe d’escalier, et plus précisément par l’ombre portée de celle-ci sur les rideaux en arrière plan formant comme une grille de prison (l’éclairage se fait par le bas et avec une source ponctuelle, pour agrandir les ombres et les garder très nettes et dessinées).

Rudolph Maté

9.

Ce sont les deux lampes à l’image qui en dictent ici sa construction. Faisceaux nets projetés sur les murs, effets repris sur les personnages (contre-jour venant de droite pour celui debout et latéral de droite pour celui assis). Maté prend bien soin de garder le drapeau nazi visible à l’image pour situer la scène.

Lorsque l’on filme des sources à l’image telles que les lampes à abat jour, il est rare que l’on utilise les ampoules d’origine, trop peu puissantes. On va alors les remplacer par des ampoules plus puissante et ainsi « survolter » la source ». En couleur il n’est pas rare non plus que l’on entoure l’ampoule de feuilles de gélatines colorées (généralement orangées pour donner un effet éclairage chaud). Et il n’est bien sûr pas rare que la gélatine fonde…

Rudolph Maté

10.

Deux éléments principaux à éclairer ici : Hitler, découpé de la foule par deux contre-jours, un à droite et un à gauche pour bien dessiner les contours de sa silhouette, et la foule, traitée comme un seul élément de l’image, principalement éclairée par de puissants projecteurs venant de la scène et du plafond. Maté rajoute également des projecteurs droite cadre pour ajouter des brillances aux arrondis des balcons.

Rudolph Maté

11.

Eclairage expressionniste fortement contrasté, très sombre, sans débouchage. L’avion est silhouetté par un projecteur caché derrière, dans la profondeur (et donc dans le cadre) formant un halo autour. Les nazis alignés sont également éclairés par un contre-jour, légèrement latéral, placé gauche cadre entre l’avion et la caméra mais surtout très près du sol de sorte que les mains levées soient éclairées par en dessous, leur conférant cet aspect menaçant et impersonnel (Lubitsch se garde d’ailleurs bien de cadrer les visages).

Publicités